J’avais envie d’écrire cet article sur le harcèlement scolaire, car j’ai vu il y a quelque temps, une émission sur une jeune adolescente qui s’est suicidée à cause d’ harcèlement à l’école. Ce qui m’a attristée pour elle et sa famille. Mais ce qui m’a aussi projetée dans mon propre vécu. Du moins, dans celui de mes filles qui ont toutes deux à des périodes différentes (10 ans d’écart entre elles) et dans des écoles différentes subit, elles aussi, toutes sortes d’harcèlements.
Le harcèlement scolaire vécu par mes filles
Pour ma première, elle se faisait insulter, taper dessus, on lui volait son gouter et j’en passe. Et pourtant nous n’étions pas dans une grande ville comme quoi cela peut arriver partout. Elle ne voulait plus aller à l’école ! C’était des pleurs tous les matins. Et personne ne voyait rien à l’école ! Ni ne bougeait pour arranger les choses. Tout s’est arrêté car nous avons déménagé dans un autre département. Et ma fille a donc changé d’école.
Dans cette nouvelle école même si après tout cela, elle a eu beaucoup de mal à s’intégrer, elle n’a plus subi d’harcèlement violent. Mais, elle a quand même été mise à l’écart par une grande partie des élèves de sa classe. Au collège, ce n’était pas top non plus, elle avait tendance à se faire embêter, mais heureusement, elle avait deux ou trois amies avec elle, ce qui a aidé à supporter les moqueries des autres car elle n’était pas toute seule comme en primaire. Là, elle est au lycée, c’est sont deuxième lycée et c’est mieux que le premier, elle a des amies en plus.
Pour ma seconde, cela c’est passé il y a à peine deux ans, elle était en ce2. Suite à un nouveau déménagement, elle a changé d’école. Et a subit toute sorte de harcèlement dans cette nouvelle école par ses camarades. Insultes, moqueries, humiliations, croche pattes, ou encore, ils allaient voir la maitresse pour dire qu’elle avait dit ça ou fait ça ! Alors que ce n’était pas vrai en espérant qu’elle se fasse punir ou dès que ma fille arrivait à trouver quelqu’un pour jouer avec elle, ils allaient embêter cet enfant pour l’empêcher de jouer avec ma fille, etc. etc…
Au début, comme ce n’était que des moqueries ou des insultes, j’avais été en jeter un mot à sa maitresse par précaution. Mais je pensais vraiment que les choses allaient passer. Du coup, on disait à notre fille, « ne t’inquiète pas c’est parce que tu es nouvelles, il faut que tu essaies d’aller vers les autres, et tout se passera bien« .
Mais au final on c’est totalement trompé ! ça n’a fait qu’empirer pour elle ! Jour après jour, elle devenait de plus en plus triste. Elle ne rigolait plus ou juste avec nous. Elle pleurait pour rien à la maison ou se mettait en colère après ses frères et sœurs. Et puis, elle s’est mise à faire des terreurs nocturnes.
Quand la maitresse lui posait des questions, car elle surveillait depuis que j’avais été la voire, ma fille, n’osait pas lui dire. La peur que ce soit pire après, jusqu’au jour où elle c’est fait carrément frappé dessus.
Quand la souffrance devient visible
Le lendemain de cet événement, je l’ai levée pour aller à l’école et elle s’est mise à pleurer, à trembler, car elle ne voulait plus y aller. Elle m’a fait une grosse crise d’angoisse et m’a dit tout ce qui s’était passé. Je l’ai donc amenée chez le médecin au lieu de l’emmener à l’école.
Là, le médecin l’a questionnée pour la faire parler, et ma fille a vidé son sac et lui a dit tout ce qu’elle subissait tous les jours depuis la rentrée. Et je peux vous dire que, quand vous entendez tout ça, ça fait mal, surtout quand votre fille de 8 ans dit, « qu’elle veut mourir « , car elle ne veut plus subir tout ça. Je vous jure que ça vous fait un sacré électrochoc ; à 8 ans, un enfant ne devrait pas penser à des choses comme ça.
Le médecin m’a donc conseillé de ne pas la mettre à l’école tant que je n’avais pas eu de rendez-vous avec la directrice, chose que j’ai faite sur-le-champ. Heureusement pour ma fille, tout s’est bien terminé, car la directrice a de suite fait une leçon aux enfants de l’école sur la tolérance et sur ce que ressentait ma fille à cause d’eux ! Ensuite, elle a aussi mis un mot pour chaque parent.
Du coup, tout le monde a mis du sien et ma fille a pu reprendre les cours sans être embêtée par les autres enfants jusqu’à la fin de l’année. Les maîtresses de cette école ont été géniales. Mais, malheureusement, tous les enfants n’ont pas cette chance.
Comme beaucoup de parents confrontés à cette situation. Je me suis souvent demandé d’où pouvait venir une telle cruauté chez certains enfants. Je parle d’enfants, mais chez les adolescents, c’est pareil !
Le rôle essentiel des témoins
L’autre jour, devant chez moi, un jeune ado se faisait bousculer par quatre autres ados, sous les yeux d’autres ados qui ne bougeaient pas d’un poil, comme si de rien n’était… Puis, j’ai vu ce gamin qui s’est mis à courir et à traverser la route sans regarder où il allait et les voitures roulent assez vite sur cette route, il aurait pu se faire écraser ! Le gosse l’a fait plusieurs fois, j’ai donc dit à mon mari : « J’ai l’impression qu’il y a un gamin qui se fait embêter et j’ai peur, car il traverse n’importe comment. »
Mon mari est allé parler au jeune garçon, visiblement soulagé qu’un adulte intervienne. Il a également fait réfléchir les autres adolescents présents sur leur responsabilité en tant que témoins. Ils ont alors reconnu qu’ensemble, ils auraient pu empêcher cette situation.
Mais, quand je vois une telle situation, je ne peux m’empêcher de me demander comment ça va se passer pour ma dernière quand elle devra aller au collège, vu ce qu’elle a déjà subi en primaire.
Apprendre la tolérance à nos enfants
Je n’arrive pas à comprendre, quel plaisir éprouve-t-on à faire souffrir autrui ? Qu’est-ce que ça leur apporte ? Il est pourtant tellement plus gratifiant d’apporter de l’aide à autrui, d’essayer de faire le bien autour de soi, que l’inverse.
Avec mon mari, on apprend à nos enfants la tolérance, d’essayer de se mettre toujours à la place de l’autre. Et surtout, de ne pas faire aux autres ce qu’ils n’aimeraient pas qu’on leur fasse à eux ! Que la violence n’arrange rien. Mais quand vous vous retrouvez confronté à ce genre de situation, comment réagir ? On a beau être dans la spiritualité et se dire que chaque situation nous apprend une leçon de vie. On est avant tout parent ! Et quand vos enfants subissent une injustice pareille. La colère est bien présente malgré tout, et on se dit : « mais pourquoi eux ? Alors qu’ils n’embêtent personne ».
On peut se demander si certaines évolutions de notre société, comme l’omniprésence des écrans ou des réseaux sociaux, jouent un rôle dans le développement de certains comportements.
Réfléchir aux conséquences de ses actes
Alors, je dirais qu’avant d’embêter votre petit voisin de classe parce qu’il ne s’habille pas comme vous. Ou ne pense pas comme vous. Ou encore, parce qu’il a un bouton en plein milieu du nez. Prenez cinq petites minutes pour vous mettre à sa place et demandez-vous : « Aimeriez-vous qu’il vous fasse la même chose que ce que vous lui faites subir ? Non, je ne pense pas que vous aimeriez ! »
Les conséquences du harcèlement peuvent être lourdes et parfois irréversibles. C’est pourquoi chacun devrait réfléchir à l’impact de ses actes sur les autres.
Sans compter que je crois, personnellement, que nos actes finissent toujours par avoir des conséquences. Peut-être qu’un jour vous serez confronté à cette même situation, en tant que victime ou en tant que parent. C’est alors que l’on mesure réellement la souffrance que le harcèlement peut engendrer.
Le harcèlement scolaire ne doit jamais être considéré comme un simple jeu ou comme une étape normale de l’enfance. Derrière chaque moquerie répétée, chaque humiliation ou chaque mise à l’écart, il y a un enfant qui souffre parfois bien plus qu’on ne l’imagine.
Aux victimes : ne restez pas seules
Si vous êtes victime de harcèlement, ne restez pas seul. Parlez-en à vos parents, à un enseignant, à un proche ou à toute personne de confiance. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, c’est souvent la première étape pour sortir de cette situation. En parlant, vous pouvez également empêcher que d’autres enfants subissent la même chose après vous.
Et puis, la vie vaut la peine d’être vécue, avec ses joies comme avec ses peines. Surtout à votre âge ! Vous avez encore tant de choses à découvrir et toute la vie devant vous pour construire votre avenir. Je trouve qu’il est triste d’en arriver à une telle extrémité.
Même si je comprends la souffrance que le harcèlement peut engendrer, pour avoir vu mes filles traverser cette épreuve. Aujourd’hui, mon aînée va bien et ma seconde va de mieux en mieux. Elles se sont relevées de tout cela, chacune à son rythme. Alors, si elles ont pu le faire, vous le pouvez aussi. Ne restez pas seuls face au harcèlement. Parlez-en. Il existe toujours des solutions et des personnes prêtes à vous écouter et à vous aider.
Sandravoyance
